14-18

Accueil > 2014 > Travail en cours > Classe de 3eme 3 du collège Professeur Dargent > Un prisonnier à Lyon

Un prisonnier à Lyon

dimanche 1er février 2015, par Sandrine Madec

Le jour de Noël, Karl et ses compagnons boivent de l’alcool jusqu’à être saouls. L’alcool leur ayant monté à la tête, ils se mettent à chanter, les ennemis étant également saouls, leur répondent en chantant… Ils décident donc de se réunir afin de discuter et de faire la messe de minuit. Leur chef arrive et remarque le rassemblement entre français et les allemands. Énervés par ce rassemblement, les chefs de chaque camp décident de faire une liste de toutes les personnes allant être exécutées. Par malheur, Karl est dedans. Le lendemain les noms écrits sur cette liste seront fusillés. Au même moment les allemands font un assaut contre les français. Karl profite de cet assaut pour se rendre aux français.

Il s’est fait emprisonné car il s’est fait accusé de trahison, il a sympathisé avec les soldats français le soir de Noël, ils avaient échangé de la nourriture et chantaient des chansons de Noël ensemble. Et ils se ressemblaient tant… : Ils vivaient dans la boue, avec les rats, les poux et ne se rasaient pas. Ils étaient tous poilus ! »

Ils sont emmenés dans un wagon de voyageur en direction de Lyon. Le voyage était très long. Ils avaient le droit à très peu de pause. Karl pensait qu’ils allaient filé en direction de Genève. Il sait que le service de santé de l’armée organisait les échanges de prisonniers par la Suisse, en regard de la convention de Genève depuis 1906. Les prisonniers français eux, embarquaient à Constance en Allemagne. Après une nuit dans le train, Karl se réveille. Ils sont arrivés en gare de Perrache. A leur arrivée, tous les prisonniers passaient par derrière alors que les prisonniers français étaient accueillis en grande pompe avec la Marseillaise. Il était quand même content de pouvoir avoir un repas chaud, servi à tous les prisonniers, à leur arrivée dans l’enceinte de l’exposition internationale. Il finit par rejoindre à pied, le lieu d’internement de Gerland.

Ils travaillaient beaucoup mais pas dans les usines d’armement par peur des sabotages. Plusieurs chantiers avaient commencé dans le quartier, en particulier le stade de Gerland ou l’hopital Grange Blanche. La manufacture des tabacs, avait commencé en 1912 mais avait été arrêtée dès 1914 faute de main d’œuvre car les ouvriers avaient été tous mobilisés. En 1916, c’est sur ce chantier de la manufacture que s’est retrouvé Karl.

Les prisonniers étaient bien traités. Conformément à la convention de La Haye, les prisonniers allemands sont traités sur le même pied que les soldats. Café sucré le matin, à midi, soupe et 300g de viande, le soir soupe et même quantité de viande. Chez nous, on avait de la viande que trois fois par semaine et pas de sucre dans le café ! En plus, on peut recevoir des colis venant de notre famille. Les prisonniers avaient des droits. Karl était même étonné de l’accueil des lyonnais. Il s’attendait aux insultes, à la haine mais même pas… à l’arrière, ce n’était pas pareil…

Il avait l’impression d’avoir échappé au pire… quoique… il savait que les épidémies mortelles n’étaient pas rares à Gerland.

C’est après une horrible nuit (notre literie est faite de paille jetée sur le plancher en quantité suffisante) que un des gardiens de cette foutue prison me réveille à coup de pied. Il est 5h30 du matin, le réveil est très dur mais je suis pris de force pour aller je ne sais où… Plusieurs personnes sont dans le même cas que moi. Il y en a environ une cinquantaine. On arrive enfin à l’entrée où l’on doit attendre pendant quelques minutes d’après le gardien.

Cela fait déjà une heure que l’on attend et la situation n’a pas bougé. C’est seulement au bout de deux heures que le supérieur du gardien nous annonce que nous allons tous travailler sur le chantier de la manufacture des tabacs. Là-bas, avec nos pics et nos pelles, certains finissaient des travaux de terrassement et d’autres commençaient à installer la charpente.

Le gardien avait changé. Celui-là s’appelait Jean-Claude et paraissait plus humain : il arriva et lui proposa un morceau de pain et un verre d’eau.

Jean-Claude avait vécu son enfance en Alsace et connaissait bien la langue allemande. Jour après jour, ils apprenaient à se connaître. Karl lui racontait les horreurs de la guerre et finit par lui confier la mort accidentelle de son frère jumeau, Erik d’une erreur de manœuvre par un obus d’allemand. Jean-Claude et Karl avait un point en commun : ils avaient tous deux perdus un être cher, tué par l’armée allemande. »

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?