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11 novembre 1918, la fin du cauchemard ?

vendredi 27 mars 2015, par Philippe Ruer

11 novembre 1918, à 11 heures toutes les cloches des églises de Sainte-Foy-Les-Lyon et des environs se mettent à sonner. Elles annoncent l’armistice et la victoire. L’Allemagne, après plus de 4 ans de guerre, vient de capituler. Mais pour Esther, le moment n’est pas à la réjouissance. Les Badol sont revenus de Normandie pour lui annoncer le décès de sa mère. La perte de son époux avait été trop dure à supporter. Au séminaire, la situation s’est très nettement dégradée. Depuis quelques semaines une épidémie de grippe particulièrement violente fait des ravages parmi les blessés, mais aussi parmi des soldats pourtant en bonne santé. Les décès sont quasi quotidiens, et c’est Esther qui est chargée de rassembler leurs pauvres affaires pour les transmettre à leur famille. Justement aujourd’hui un jeune soldat de 20 ans, blessé et affaibli, vient d’être la nouvelle victime de cette grippe que certains nomment « espagnole ». Esther ouvre son armoire, commence à trier ses affaires. Tout à coup, un feuillet glisse d’un livre et tombe par terre. Esther se baisse, le ramasse, le déplie et commence à lire. Il s’agit visiblement d’une chanson écrite il y a déjà quelques mois.

« Morts les soldats de Verdun
Ils n’auront pas de lendemains
Partis la fleur au fusil
Pour servir leur patrie.

Tous les hommes étaient partis fiers
Après cet appel à la guerre
Morts les soldats, mortes leurs âmes,
Ils ont déposés les armes.

Alors qu’au chemin des Dames
Des maréchaux infâmes
Au lieu de tourner la page
commanditent le carnage

Morts les enfants du 3 août
Il n’y a plus aucun doute
De cette guerre dévastatrice
Ils attendent l’armistice

Morts les enfants des tranchées
Alors qu’ils étaient désarmés
Dans la fournaise de Verdun
Ils sont tombés comme des chiens

Alors qu’au chemin des Dames
Des maréchaux infâmes
Au lieu de tourner la page
commanditent le carnage.

Morts les soldats des armées
Alignés, brûlés et gazés
Traqué ; visés par les Allemands
Massacrés dans les champs.

Morts les fermiers partis en guerre
Rêvant de retrouver leurs terres
Mais ils ne reviendront pas
Adieu les vaillants soldats.

Alors qu’au chemin des Dames
Des maréchaux infâmes
Au lieu de tourner la page
commanditent le carnage.

Mort le médecin de guerre
Aujourd’hui c’est lui qu’on enterre
Et toutes ces « gueules cassées »
Qui viendra les soigner ?

Quelque part au cœur de la haine
Dans la souffrance et dans la peine
Se trouvait une lueur d’espoir
Morts les enfants de la victoire.

Alors qu’au chemin des Dames
Des maréchaux infâmes
Au lieu de tourner la page
commanditent le carnage. »
(Création à partir d’une chanson de Renaud)

« Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants. » (Renaud)

Elle trouve le texte très beau, très poétique, elle voudrait le partager avec d’autres personnes, mais aujourd’hui tout le monde pense à fêter la victoire et veut oublier ces quatre longues années. Esther le range puis le glisse dans le paquet qui partira dans la famille avant de tomber dans l’oubli.

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